Les derniers messages des barques sont inscrits sur les coques

Avant de disparaître complétement,
les barques ont laissé sur leurs coques
des messages mystérieux ou malicieux,
que je me suis amusé à transcrire.

Là-bas, sur l'Autre Rive, Chargement de la photo. Veuillez patienter...
Là-bas, sur l'Autre Rive,
des danseurs survoltés
s'amusent sur un lit de braises
ensanglantées
Là-bas, sur l'Autre Rive, De petites pluies fines Les songes se rassemblent Partout, des génies frivoles Des océans d'abondance Une maladie d'amour Des croches de musique virevoltante dans cette involution nécessaire Un trou noir dans le soleil Une anémone de mer Des poulpes comme des fleurs Mêmes les blessures sont belles Des frissons de fleurs Les fantômes sont des amis Des masques de carnaval plaisantent Il n'y a que des douceurs de soir
Là-bas, sur l'Autre Rive,
des danseurs survoltés
s'amusent sur un lit de braises
ensanglantées
De petites pluies fines
pleines de pièces d'or
humectent les champs de fleurs
à perte de vue
Les songes se rassemblent
la nuit
pour nous inonder de tendresse
Partout, des génies frivoles
enseignent la liberté du pardon
Des océans d'abondance
nous inondent de leur bleu
pour des noyades célestes
Une maladie d'amour
se répand progressivement
apportée par la brise marine
Des croches de musique virevoltante

des gigues et des sarabandes
à longueur de nuit 

dans cette involution nécessaire
les lettres doivent aussi un jour
disparaître
Un trou noir dans le soleil
pour le chemin du retour
vers la Source.
Une anémone de mer
vient à notre rencontre
les bras grands ouverts
Des poulpes comme des fleurs
pleines de baisers
Mêmes les blessures sont belles
elles ne font plus souffrir
elles participent de l'extase
Des frissons de fleurs
sur des champs de lumière blanche
à perte de vue
Les fantômes sont des amis
qui nous guident d'un geste sûr
vers l'aurore
Des masques de carnaval plaisantent
en nous racontant l'histoire du monde
Il n'y a que des douceurs de soir
à longueur de journée
sur la soie de notre bois de merisier