Propos sur l’art

« Le monde est à la fois merveilleux et horrible.
L’esthétique nous aide à nous émerveiller et nous permet
de regarder l’horreur en face »
Stephane Hessel et Edgar Morin

L’art intégral dont cette époque a le plus grand besoin
permet l’accès à la conscience du Tout
par la voie directe et non conceptuelle de la Beauté,
et dans ce Tout, il y a l’horreur et l’émerveillement à la fois,
surtout en cette période de métamorphose nécessaire.

« Mon programme pour 2012, c’est de développer une conscience poétique
qui nous permette de résister à la fin du monde.
L’art peut nous y aider,
car il est une vraie hygiène de l’esprit.« 
Marc-Olivier Wahler ex directeur du Palais de Tokyo à Paris

Oui, l’art fait partie intégrante de la métamorphose nécessaire,
c’est à dire la fin d’un monde et la naissance d’un autre monde complétement nouveau.
Par sa puissance de création et d’imagination, l’art est effectivement une sorte d’hygiène de l’esprit
capable de sortir des ornières du vieux monde qui agonise lentement, mais sûrement.

« les artistes ont un rôle à jouer dans le présent, surtout en temps de crise, car ils ont une capacité de compréhension du réel à la fois émotionnelle et politique. Seul l’artiste a cette puissance métamorphique de repenser le réel, jamais il ne nous a été aussi utile. »
Jean de Loisy nouveau directeur du Palais de Tokyo (Le Monde 24 février 2012)

« Dans le monde hypercontrôlé qui est le nôtre, le rôle de l’artiste est de nous donner accès à la turbulence, d’être au service de la perturbation et non d’une institution ou d’un marché. Aujourd’hui, c’est lui qui rend possible l’aventure la plus pure qui puisse exister en s’ouvrant à des territoires inconnus de la conscience. L’art ne saurait être tout à fait inutile quand il cherche ainsi à transgresser les limites psychiques supposées de l’être de raison. »
Jean de Loisy commissaire général de l’exposition « Les maîtres du désordre » au Musée du quai Branly (11/04/12 – 29/07/12) interview dans le numéro hors-série Connaissance des Arts sur cette exposition.

Décidémment ce Jean de Loisy ne dit que des choses justes et intéressantes sur l’art. Je partage complétement avec lui ce rôle de l’art comme révélateur de nouveaux chemins et de nouveaux états de la conscience, afin de sortir ou transcender ou transgresser les ornières actuelles de la raison scientifique et technique qui nous fait chavirer dans un monde absurde.

« De la lecture de Nietzsche – puisque dans le trouble de tout parcours solitaire, il faut des repères -, vous receviez la confirmation que le tragique est la condition de l’art« .
Stéphane Lambert « Mark Rothko, rêver de ne pas être » éditions Arlea

Je recommanderai sans restriction la lecture de ce petit livre dédié à la peinture de Mark Rothko qui est un de mes peintres préférés. C’est un monument de réflexion et de poésie.
Je partage inconditionnellement cette vision nietzschéenne venant des grecs de l’ancien temps, que la création artistique, la grande création artistique, est le fruit d’une vision et d’un ressenti tragique de notre existence éphémère d’être humain.
Le grand art est un cri
d’éternité fondé sur la souffrance du tragique de notre condition.
Rien à voir avec le magma des créations esthétiques superficielles qui entretiennent le voile d’illusion et d’ignorance à la mode, dans n’importe quelle époque. Il est vrai que pour cela, nous sommes actuellement malheureusement gâtés, à cause de la caisse de résonance des technologies de communication entretenant la confusion et la superficialité artistique.